Des poutres tordues, des étals calcinés. Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre 2026, un incendie a ravagé le marché couvert des Enfants Rouges, le plus vieux de Paris, en plein Marais. Un pompier a fait un léger malaise, aucune autre victime n'est à déplorer. Selon le maire de Paris Centre, 17 commerces ont été ravagés. Voici ce que l'on sait du déroulement de l'incendie, et ce qui attend maintenant les commerçants.
L'essentiel en un coup d'œil
| Question | Ce que l'on sait au 13 octobre 2026 |
|---|---|
| Quand ? | Nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre, départ de feu vers 3 h selon la préfecture |
| Où ? | 39, rue de Bretagne, Paris 3e (secteur Paris Centre) |
| Dégâts | Environ 1 000 m² détruits, structure métallique en partie effondrée |
| Commerces touchés | 17, selon la mairie de Paris Centre |
| Victimes | Un pompier a fait un léger malaise ; aucune autre victime |
| Moyens engagés | Environ 150 pompiers et une cinquantaine de véhicules |
| Cause | Inconnue, enquête ouverte par le parquet de Paris |
| Et après ? | Relogement provisoire des commerçants à l'étude, reconstruction promise |
Une nuit de feu au cœur du Marais
Le marché avait fermé ses portes dimanche soir à 20 heures, rapporte Le Monde. Le feu se déclare vers 3 heures du matin, d'après la préfecture de police. Les pompiers reçoivent l'alerte à 4 h 15, par téléphone.
« À notre arrivée, le feu était pleinement développé », a raconté à franceinfo le lieutenant-colonel Pierre de Bouvier, de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Les flammes occupent les 1 000 m² du marché, coincé entre des immeubles de six étages. Les secours ne peuvent approcher qu'à pied.
Environ 150 pompiers et une cinquantaine de véhicules sont mobilisés. Neuf lances, dont deux grosses, sont nécessaires pour venir à bout du sinistre. Le feu est maîtrisé en deux heures environ, selon la mairie. Un panache de fumée est visible depuis une bonne partie de Paris, et une odeur de brûlé flotte encore sur le quartier au lever du jour.
« Le marché a été totalement détruit, il ne reste plus rien du marché couvert. »
Lieutenant-colonel Pierre de Bouvier, BSPP, lundi 12 octobre au matin
Pas de victime, des immeubles voisins épargnés
Un pompier a fait un léger malaise pendant l'intervention ; aucune autre victime n'est à déplorer. Le feu ne s'est pas propagé aux habitations qui entourent la halle. « Le pire a pu être évité, il n'y a aucune contamination des immeubles voisins », a résumé Ariel Weil, le maire de Paris Centre.
Le danger, ensuite, venait de la structure elle-même. La préfecture de police a pointé le risque d'effondrement du reste de la charpente comme « le principal point de vigilance ». Lundi matin, la BSPP et les agents du département de l'architecture de la préfecture vérifiaient si les murs mitoyens avaient été fragilisés. Le maire a demandé aux Parisiens d'éviter le secteur de la rue de Bretagne.
D'où vient le feu ? L'enquête est ouverte
À ce stade, personne ne sait ce qui a provoqué l'incendie. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour en déterminer l'origine, comme l'indique TF1info. Aucune piste n'a été communiquée officiellement.
17 commerçants sans outil de travail
Le marché vivait surtout de ses comptoirs : traiteurs du monde entier, crêperie, primeurs (dont un bio), fromager, boucher, poissonnier, fleuriste. Selon la Ville de Paris, la halle comptait 18 commerces avant le sinistre ; la mairie de Paris Centre en recense 17 détruits. « On est dévastés », a lâché Ariel Weil devant les grilles.
Les témoignages recueillis par France 3 Paris Île-de-France donnent la mesure du choc. Alain Roussel, qui tient le restaurant Chez Alain Miam Miam, y a passé 19 ans : « C'est une grande partie de ma vie. » Un autre commerçant, dont la boutique dispose d'une entrée indépendante, espère rouvrir rapidement une partie de son local, tout en se demandant si les clients, venus « du monde entier », reviendront.
Un site provisoire, mais où et quand ?
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, s'est rendu sur place lundi. Il a promis que la Ville soutiendrait « tous les commerçants et tous les riverains impactés » et a annoncé une « réimplantation provisoire » des marchands « sur une autre zone », pour qu'ils reprennent leur activité au plus vite. Le ministre des PME et du Tourisme, Serge Papin, a assuré que l'État serait aux côtés de la mairie pour la reconstruction.
Pour l'instant, ni l'adresse du futur marché temporaire ni la date de réouverture n'ont été communiquées, note Paris Secret. Il faudra un lieu capable d'accueillir à la fois de la restauration et des produits frais.
Quatre siècles d'histoire, et un nom qui intrigue
Fondé en 1615, sous Louis XIII, le marché des Enfants Rouges est le plus ancien marché alimentaire couvert de Paris. Son nom vient d'un hospice voisin, créé en 1536 par Marguerite de Navarre, sœur de François Ier. Les orphelins qui y étaient accueillis portaient des vêtements rouges. L'hospice a fermé en 1772, et le marché a pris le nom des « Enfants Rouges » à la fin du XVIIIe siècle, d'après la Ville de Paris.
Le lieu a déjà frôlé la disparition. Protégé au titre des monuments historiques depuis 1982, il est pourtant délabré et ferme dans les années 1990, avec un projet de parking à la clé. Riverains et commerçants se mobilisent, certains vont jusqu'à dormir sur place. Le marché est sauvé, rénové pendant six ans, puis relancé dans les années 2000 par l'arrivée de traiteurs et de petits restaurants.
Bonne nouvelle relative : selon Ariel Weil, ce qui a brûlé « n'a pas de valeur patrimoniale en tant que tel, il s'agissait surtout d'étals en structure légère ».
Le marché sera-t-il reconstruit ?
Oui, c'est en tout cas l'engagement des élus. « Il a survécu à la menace d'un parking, il survivra à cet incendie », a promis Ariel Weil, qui veut « reconstruire » cette « institution ». Aucun calendrier n'a été annoncé.
En attendant, les habitués devront patienter avant de retrouver leurs comptoirs préférés de la rue de Bretagne. Nous mettrons cet article à jour dès que l'adresse du marché provisoire ou les conclusions de l'enquête seront connues. Sources : Le Monde, Le Figaro, TF1info, franceinfo, France 3 Paris Île-de-France, AFP (via Boursorama), Ville de Paris et Paris Secret.